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La schizophrénie, pathologie chronique des élites contemporaines

Publié le 21 Octobre 2013

Les discours et des actes de ceux qui président aux destinées de notre pays nous laissent au mieux pantois au pire désarçonnés. D’un caractère désordonné qui rend difficile l’identification d’une logique d’ensemble, les décisions de nos dirigeants semblent se succéder au gré du hasard, de manière tantôt opportuniste et ponctuelle, tantôt cynique et calculatrice. Il est vrai que la logorrhée informationnelle à laquelle tout un chacun est soumis en permanence n’est guère propice à une réflexion sur  la cohérence d’ensemble de la politique menée. Toutefois, si l’on prend le temps de se couper un instant du matraquage médiatique, de saisir quelques môles décisionnels récents, ce qu’il en sort est effrayant.  Les décisions de nos dirigeants n’apparaissent pas seulement décousues et hasardeuses ; elles sont contradictoires quand elles ne sont pas fondées sur une réalité inexistante.  Dans le spectre analytique à disposition pour tenter de diagnostiquer cette errance, la notion qui correspond le mieux à ces constats est la schizophrénie. Nous donnerons plus bas une illustration stylisée de cette analyse, mais avant, convoquons Wikipédia pour nous apporter un éclairage théorique de ce qu’est cette pathologie : « La schizophrénie est une maladie mentale se développant généralement au début de la vie adulte. Elle est caractérisée par des difficultés à partager une interprétation du réel avec les autres, ce qui entraîne des comportements et des discours bizarres, parfois délirants. Au départ, elle se manifeste principalement par un sentiment d'étrangeté, une bizarrerie, des intérêts étranges. On retrouve une désorganisation de la pensée et du discours. La schizophrénie engendre aussi des dysfonctionnements cognitifs, sociaux et comportementaux qui évoluent avec des phases aiguës, et des phases quasi asymptomatiques ». A ce stade, cette définition fournit des éléments probants permettant d’expliquer pourquoi les élites françaises font preuve d’autant d’incohérence dans la gestion de notre pays.

Bien entendu, d’autres explications sont possibles, certes moins polémiques en apparence mais moins satisfaisantes sur le plan conceptuel, comme celle de Max Weber. Dans le Savant et le Politique paru en 1919, le sociologue allemand identifie deux logiques d’action : l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité, la seconde étant réputée d’apparence plus désordonnée puisque l’individu qui la fait sienne est amené à agir selon ses intérêts immédiats. Il est ainsi possible que la poursuite de ces intérêts se traduise par des décisions paradoxales voire aporétiques, des actions décousues ou des propos incohérents dans la mesure où la logique (et donc la conviction qui est sa version permanente) n’est pas la clé de compréhension d’une telle attitude. La dissonance cognitive, qui est un concept de psychologie sociale élaboré par Léon Festinger en 1956, peut également rendre compte de l’action des responsables politiques contemporains. La version classique de cette idée est illustrée par la fable d'Esope développée par La Fontaine le Renard et les Raisins. Un renard affamé aperçut une grappe de raisins qui pendait d'une vigne grimpante et voulut la cueillir, mais n'y parvint pas car elle était trop haute. Il s'éloigna donc en se disant que, de toute façon, les raisins n'étaient pas assez mûrs et qu'au fond il n'en voulait pas. (« Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. »). Il s’agit donc d’un déni de réalité qui amène le sujet à évacuer le monde réel au profit d’un monde transformé par son imagination. Ce déni, dans sa version extrême peut aboutir à se forger une vision du monde et du peuple aux antipodes du réel et donc de provoquer des réactions antinomiques plus ou moins systématiques.

Le propos ici n’est, bien entendu, pas de défendre un conservatisme englué dans un passé nostalgique. Après tout, le monde des années 2013 n’est pas celui des années 90 ni celui des années 70. En conséquence de quoi, il est bien normal que les partis, qui ne sont jamais que la caisse de résonnance politique des aspirations de la société, suivent l’air du temps. Toutefois, cela ne doit pas empêcher les valeurs, les principes et les croyances de continuer à commander aux idées et à l’action. Or de cela, il est de moins en moins question. Notre société hypersexuée et relativiste n’a que faire de telles considérations qui touchent à un absolu dont elle veut fanatiquement se débarrasser. L’esprit, l’âme, le cœur, la raison ont cédé la place à une omnipotence testiculaire qui a transformé la réflexion en pulsion, la permanence en spontanéité et la logique en saute d’humeur. Parallèlement, l’évacuation de tout principe moral déboussole toute action : rien n’est bon ni mauvais en soi et tout devient relatif. L’hyper-sexualisation de la société couplée à la dictature d’un relativisme néo-paganiste est l’une des sources principales de la schizophrénie de nos élites. Désorientées par un court-termisme épidermique, elles ont perdu le sens de la cohérence d’une politique poursuivie sur le long terme et préfère le passage permanent du coq à l’âne.

Pour illustrer cette thèse, deux approches : l’une systémique, où l’on étudiera comment la totalité des partis politiques français souffre de schizophrénie, l’autre fonctionnelle par une étude des politiques publiques menées depuis plusieurs années dont les contrepieds systématiques relèvent d’un dédoublement schizophrénique.

La schizophrénie des partis politiques français

La quasi-totalité des partis politiques français souffre de contradictions profondes pouvant être qualifiées de schizophréniques. Bien sûr, la contradiction est à la base de la démocratie et il est sain que les différents partis aient des visions et des programmes variés. Mais cette saine dialectique ne saurait exister au sein des partis eux-mêmes. Ceux-ci ont pris l’habitude de farder la schizophrénie qui en découle sous les termes avenants de « différents courants » qui continueraient à défendre des lignes distinctes voire opposées au sein de la même organisation. La conséquence en est une perte de lisibilité pour le citoyen qui dès lors ne voit qu’un flux brouillé et brouillon de paroles et d’actes. Des exemples valant mieux qu’un long discours, passons-les en revue un par un.

Le parti socialiste tout d’abord. Héritier des grandes luttes ouvrières créatrices de droits et d’égalité pour les plus défavorisés, foncièrement pacifiste (que l’on songe à l’attitude de Jean Jaurès avant la Première guerre mondiale ou à Léon Blum face à la guerre d'Espagne dans les années 30), continuant à se réclamer de cette double étiquette, ce parti est, dans les faits, devenu un parti à la fois de petit-bourgeois à hauts revenus habitant les centres des grandes villes françaises et de va-t-en-guerre (Mali, Syrie). Sur le plan économique, la gauche socialiste a été de tout temps interventionniste (on lui doit les premières lois sociales de la fin du XIXème siècle, sans parler de l'oeuvre du Front populaire) puis keynésienne après 1945, deux axes idéologiques qui seront foulés aux pieds dès la deuxième année de son exercice du pouvoir dans les années 80. Dès 1982, la gauche endosse le virage libéral le plus vertigineux de l’histoire politique et économique française depuis le XIXème  siècle, avec le tournant de la rigueur. En théorie proche de l’intérêt des travailleurs, des employés et des chômeurs, le parti socialiste va, dans les années 90, sanctuariser le néolibéralisme au sein de traités européens dont il a été la cheville ouvrière et qui sont négateurs de tous les droits sociaux et même des services publics, devenus pour l’occasion « à la française », dont les mouvements de gauche étaient pourtant les chantres depuis plus de cent ans. La gauche des années 80 et 90 va ainsi détricoter un par un tout le corpus idéologique âprement tissé par la gauche des années 1880 à 1970, tout en réussissant le tour de force de continuer à s'affirmer... de gauche. Aujourd’hui le socialisme est devenu dans les faits le parti de la puissance de l’argent, du communautarisme, de la rigueur budgétaire et d’une monnaie unique castratrice, même si évidemment, il s’en défend.

La droite n’est pas en reste : héritière des grands mouvements nationalistes et patriotiques dont de Gaulle a été le dernier et le plus illustre représentant, l’UMP va littéralement jeter par-dessus bord tout le leg national, en faisant sien le virage fédéralisant de la construction communautaire. Voulue par le général comme celle des patries, l’Europe de Maastricht et d’Amsterdam a été acclamée par la droite gaulliste alors même qu’elle vidait la souveraineté nationale, pourtant veine jugulaire et dogme fondamental de la droite depuis 200 ans, de sa substance. L’aboutissement de cette logique étant le traité de Lisbonne, passé en force contre une volonté populaire massivement hostile (55% de non au référendum sur la constitution européenne de 2005) par un président « gaulliste » ! Majoritairement jacobine et donc interventionniste, la droite française va se rapprocher du centre girondin, en devenant  décentralisatrice et libérale avec la bénédiction des « puissances d’argent » auxquelles elle est désormais inféodée (le Fouquet’s et tutti quanti ...).

Ces deux grands partis dits de gouvernement ne sont pas les seuls à ainsi s’imposer de vivre dans une contradiction schizophrénique permanente. Les autres partis sont également atteints par cette terrible pathologie. Ainsi, le parti communiste, héraut de l’anticapitalisme, organisait-il dans les années 90 des défilés Prada au sein de son siège de la place du colonel Fabien. Historiquement patriote (confère son action pendant la seconde guerre mondiale), le PCF a eu un débat interne houleux au tournant des années 2000 pour savoir s’il ne fallait pas laisser tomber le « F » de son sigle, dans la mesure où, comble de la contradiction, la gauche de la gauche s’est massivement ralliée au projet européen libéral et fédéral ! Quant au Front National, parti au départ poujadiste, ultralibéral (financé par la CIA dans les années 80), rassemblant une élite réactionnaire et extrémiste, est devenu aujourd’hui le premier parti ouvrier de France, anti-européen mais pas suffisamment pour appeler explicitement à une sortie de la zone euro et contenant des courants fédéralistes foncièrement hostiles à la France réelle au profit d’une France rêvée inexistante. Devenu le chantre du jacobinisme et de la souveraineté nationale, il continue en sous main à développer une rhétorique provincialiste favorable à une Europe des régions dont le christianisme serait le seul ciment, comme au bon vieux temps du Saint Empire romain germanique. National dans le discours, le FN est antinationiste dans les faits.

La schizophrénie des politiques publiques

Sans faire d’inventaire à la Prévert, les principaux leviers d’action dont disposent nos responsables peuvent être passés en revue. Où les contradictions flagrantes seront mises à jour et transpercées.

La politique étrangère, tout d’abord, à laquelle l’actualité récente a fait la part belle, est aux premières loges de la schizophrénie. Récemment, en effet, une croisade digne des plus belles années Bush a été lancée par un gouvernement socialiste contre les groupes terroristes qui ont fait main basse sur le Mali. Applaudissements. Mais cela n’a pas empêché ce même gouvernement de qualifier de coup d’état la révolution égyptienne de l’été 2013 qui a chassé les Frères musulmans du pouvoir. Pire, la France socialiste trépigne pour pouvoir aider les barbus syriens contre un pouvoir certes autoritaire mais laïque et protecteur des minorités ! Faut-il rappeler que ces mêmes mouvements pour lesquels notre pays prend fait et cause aujourd’hui ont maculé les murs de nos ambassades de tomates et d’œufs pourris pour manifester leur mécontentement contre l’opération Serval ? Voire ainsi la gauche historiquement laïque et viscéralement anticléricale défendre les pires regressions religieuses ne peut manquer d'étonner. Une gauche non schizophrène aurait applaudi à ce coup d'arrêt à la progression de l'islam politique en Egypte et aurait essayé de le confirmer en Syrie ...

Plus encore, le banc et l'arrière-ban des soi-disant partis de gouvernement se lèvent pour hâter le secours à l'opposition syrienne (majoritairement intégriste) tout en traitant par ailleurs de dangereux individus ceux de nos concitoyens qui veulent aller se battre à son côté. Si nos élites étaient cohérentes et sensées, il eut fallu qu’elles encourageassent ces initiatives : nos banlieusards exaltés rêvant d’en découdre devraient être traités en héros puisqu’ils traduisent en actes les envolées guerrières de salonards poudrés ! Qu’on les entraîne, qu’on les arme et qu’on les transporte sur le théâtre syrien puisque l’ONU nous empêche désormais d’avoir une action armée officielle. Au lieu de quoi, on les fait suivre par la DCRI, on les fiche, on les surveille et on les traque !

Plus généralement, nos élites politiques de tout bord déclament à qui veut l’entendre l'indépendance et la souveraineté de la France, mais lui font réintégrer sans sourciller le commandement intégré de l'OTAN (la droite) et le confirme (la gauche)  dont le résultat est une inféodation insupportable de notre pays aux Etats-Unis contraire à notre Histoire nationale et à notre conception des relations internationales.

En second lieu, la politique économique est elle aussi l’otage de la schizophrénie des élites. On veut ainsi la réindustrialisation du pays et on créé même un ministère pour cela. Sauf que par ailleurs, on continue à considérer le protectionnisme comme un gros mot et à accepter que nos principaux concurrents émergents érigent des barrières protectionnistes que nous pourfendons de notre côté par pure idéologie. On veut le retour de la croissance et de la création d'emplois mais on continue à défendre une politique budgétaire castratrice, une politique monétaire malthusienne et une politique d’euro fort suicidaire pour nos industries exportatrices.

La politique de défense est indéniablement l'un des terreaux les plus fertiles à la schizophrénie de nos élites. Tous partis confondus, depuis des années, elles n’ont eu de cesse de confirmer le rôle prééminent de notre pays, son rang, son influence dans le monde qui doit être servi par un outil militaire puissant et souverain. Le dernier Livre blanc confirme tout cela. Mais que fait-on sur le plan concret ? On accélère les coupes budgétaires qui déplument nos armées, on supprime des unités entières qui désorganisent l’outil et mettent en péril l’aménagement du territoire. Et, sans s’en apercevoir, on devient de moins en moins souverain puisque, réduite à l’état d’échantillon, notre armée se mettra de facto sous la dépendance des Etats-Unis pour intervenir sur des théâtres extérieurs. Parallèlement, la réduction des budgets de défense entraînera une baisse des dépenses de recherche et développement militaires dont on connaît l’importance des effets de déversement sur le reste de l’économie. Déjà spectaculaire dans l’absolu, la contraction de l’outil de défense national est encore plus inquiétante restituée aux côtés des performances des autres pays en la matière, émergents en tête, qui accroissent leurs dépenses de manière exponentielle.

Enfin, last but not least, la politique d’intégration de nos immigrés ou des Français récemment naturalisés. Des discours lénifiants se multiplient depuis des décennies pour regretter la faible intégration de ces populations. On s’étonne simultanément de la faible volonté d’une part importante de celles-ci de devenir effectivement française, tout en expliquant que la France est devenue une puissance déclinante qui n’a d’avenir que dans un ensemble européen. Ainsi, si les Français d’avant-hier, dont les élites sont issues, doute de leur pays et ne lui voient plus d’avenir souverain, comme dès lors convaincre les Français d’hier ou d’aujourd’hui de se sentir pleinement Français ? Le secret de l’intégration passée résidait dans un puissant creuset français que les élites cultivaient par leurs convictions et leurs actions. Pendant des décennies la gauche a associé la France et le patriotisme au Front national (que François Mitterrand a savamment instrumentalisé) tandis que la droite, gênée par cette encombrante présence de son côté de l’échiquier, a été amenée à neutraliser son patriotisme au profit d’une mondialisation affairiste foulant aux pieds les nations. Ceux devenus Français à partir des années 80 avaient donc toutes les chances de n’être que des Français de papier, la verve et l’imagerie patriotique ayant totalement disparu des programmes officiels. Mais plus encore, le soi-disant progressisme sociétal (qui n’est en réalité qu’une régression masquée vers le néolithique …) tend à aliéner davantage les populations immigrés ou récemment naturalisées. L’attitude de la communauté musulmane vis-à-vis du mariage pour tous est à cet égard emblématique. Ce sont ainsi des pans entiers de la nation qui se sentent étrangers dans leur propre pays.

Où va-t-on ?

Rien de plus répandu que cette maxime qui consiste à dire que les peuples ont les élites qu’ils méritent. Ce serait sans doute vrai si le libéralisme économique dont elles se réclament était en vigueur au sein de la sphère politique. Or tel n’est pas le cas puisque, si la demande politique est forte et permanente, l’offre politique est bloquée sur les mêmes farfadets depuis des décennies. Nos responsables disent « libre circulation, libre entrée et libre sortie sur le marché », pendant que, s’agissant du marché politique, les rentes de situations, souvent férocement défendues par leurs bénéficiaires, empêchent toute entrée sur ce marché de personnalités nouvelles porteuses d’idées en phase avec les aspirations populaires. Schizophrénique en apparence, cette attitude est en réalité un calcul purement égoïste faisant penser à la solidarité de classe chère à Marx. En France, le Front national et, dans une moindre mesure, le Front de Gauche, ont été secrétés par le système des partis en place pour aiguiller systématiquement toute forme de contestation légitime vers les extrêmes. Vous êtes pour la souveraineté nationale, pour le patriotisme, vous aimez votre pays et vous vous méfiez d’une construction européenne qui tourne désormais contre les peuples ? Alors vous êtes au Front national ! Extrémiste ! Fasciste ! Antisémite ! Vous êtes pour le partage des richesses, contre l’accaparement de la valeur ajoutée par une minorité de privilégiés, contre le pouvoir exorbitant des puissances d’argent et du capitalisme financier ? Mais alors vous êtes un affreux communiste, gauchiste, soviétique, bolchévique, ringard ! Voilà comment le système actuel de partis et de personnalités schizophréniques se perpétuent depuis la mort du général de Gaulle.

Cette analyse rend les scores des partis extrémistes miraculeusement faibles. A l’aune de la dégradation économique, sociale et morale sans précédent dans l’Histoire de notre pays depuis des décennies, il est plus que surprenant qu’un tsunami populaire ne se soit pas encore levé pour balayer une sphère politique décadente par une révolution. Le peuple gronde et les élites le savent. Pourquoi ne réagissent-elles pas ? Deux possibilités : soit elles ne savent pas quoi faire, et c'est ce qui ressort du verbiage des partis dits de gouvernement qui, de toutes façons, ont perdu toute crédibilité ; soit elles sont dans le déni de réalité, estimant que quoi qu’on lui fasse subir, le peuple français restera l’arme au pied. Or le scénario le plus probable est que le peuple prenne ses élites au mot, en votant massivement pour les partis aux bords de l’échiquier politique, non parce qu’il adhère à certaines thèses nauséabondes qu’ils défendent mais pour se donner prétexte à révolution. En clair, en 2017 au plus tard, et toutes choses égales par ailleurs (si aucun changement endogène au système actuel n’intervient), le Front national arrivera au second tour de l’élection présidentielle. Et cette fois, ce ne sera pas une victoire de la gauche à 82% comme la droite en 2002 mais plutôt à 45%. Peut-être même que si la situation continue à se dégrader, le Front national pourrait arriver en tête. La schizophrénie chronique des élites se verrait ainsi transposer au peuple qui, après avoir voté FN, descendrait dans la rue pour l’empêcher d’exercer le pouvoir. A cette aune, ce qui s’est passé dans le monde arabe et singulièrement en Egypte, ne pourrait être qu’un avant goût de ce que nous connaîtrons avant la fin de cette décennie.

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