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BREXIT : Quelles Leçons en tirer ?

Publié le 26 Juin 2016 par Jean MESSIHA

Brexit : quelles leçons en tirer ?

Par Jean MESSIHA

Chapeau bas, Monsieur Cameron !

La Grande-Bretagne a donc décidé de dire goodbye au « Volapük intégré »[1]. Le peuple britannique a fait ce choix après une campagne électorale où les arguments en faveur et contre le maintien auront été discutés de manière exhaustive. L’hommage qui doit être rendu à David Cameron, le premier ministre à l’initiative de cette consultation, doit être vibrant et unanime, quoi qu’on puisse penser de ses convictions politiques. En décidant de ce référendum, il a montré son grand attachement au principe de démocratie. En particulier, il a mis un sérieux coup d’arrêt à ce jeu de dupes d’une construction communautaire qui se fait contre la volonté des peuples. Cameron a non seulement décidé de s’en remettre à son peuple pour un choix aussi existentiel mais il a surtout annoncé sa démission lorsque le résultat du vote s’est avéré contraire à celui pour lequel il avait ardemment fait campagne. A cette aune, son courage politique doit être restitué aux côtés d’un Alexis Tsipras qui, bien qu’ayant organisé un référendum similaire il y a quelques mois, a tout simplement décidé de s’asseoir sur son résultat… Comme quoi, les vrais révolutionnaires ne sont pas ceux qu’on croit, le Tories libéral Cameron s’étant avéré plus respectueux du peuple que le héraut de la gauche populaire Tsipras…

Une haine de la démocratie confirmée par les réactions au Brexit

A peine le résultat connu, quatre types de réactions, toutes défiant l’entendement, se sont exprimés :

  • Le premier type de réaction, usuel depuis quelques temps, est l’annonce, concomitante au résultat, du cataclysme final. La Grande-Bretagne quittant l’UE, c’est le début de la fin du monde ; le début de la fin pour le pays frondeur comme pour l’UE. L’économie britannique va s’écrouler, elle va perdre son triple A, l’Europe va trembler, les pays membres vont tous sauter dans un trou noir terrifiant d’inconnu… Les banques vont faire leurs valises et quitter la City, les fonctionnaires européens de la Commission vont être virés, on ne pourra plus aller en Grande-Bretagne et les Anglais seront interdits de territoire européen. Une rumeur a même circulé, prétendant que la banque Morgan-Stanley, l’une des plus grandes, aurait déjà commencé à transférer plus de 2000 de ses salariés hors du Royaume-Uni. « Vous brulerez dans le feu de l’enfer éternel » ; voilà le seul argument mobilisé sur tous les tons pour convaincre le peuple britannique de rester au sein de l’UE. Maintenant qu’ils sont passés outre, le feu de l’enfer est décliné sur tous les tons ;
  • La seconde réaction, est le refus des Européistes, de reconnaître leur défaite. On a ainsi assisté à des attitudes pour le moins choquantes de la part de ceux qui militaient pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union. Une pétition a été mise en ligne pour demander un nouveau vote, certains allant même jusqu’à demander, toujours par pétition, l’indépendance de Londres[2] ! Pourtant, quand, dans d’autres consultations, le vote est favorable à l’UE, les eurosceptiques s’inclinent devant la volonté du peuple ; mais il suffit qu’une consultation donne un résultat défavorable pour que, immédiatement, les Européistes accablent le peuple de tous les maux, mettant en avant son ignorance, sa mauvaise compréhension de la question, des raisons de politique interne, etc. Pour mémoire, en 1992, alors même que le oui à Maastricht n’a été obtenu qu’à une très courte majorité (51,4%), personne ne s’était offusqué d’un si faible résultat par rapport au changement tellurique qu’il impliquait, à savoir la disparition d’un franc vieux de 800 ans. Et aucun eurosceptique ne s’était aventuré à décrédibiliser le résultat du scrutin par les méthodes qui fleurissent aujourd’hui chez les Européistes pourtant prompts à qualifier leurs adversaires de fascistes. Ces attitudes qui, en tout point divergent, entre partisans et opposants à l’UE montrent s’il le fallait, de quel côté est la démocratie… ;
  • La troisième réaction est corollaire à la deuxième : elle consiste à vider le résultat du vote de sa substance en prétendant que la majorité qui a dit oui au Brexit est en réalité inculte et stupide et n’a pu, dès lors, s’exprimer en connaissance de cause sur les tenants et les aboutissants du vote. Des vidéos surréalistes circulent ainsi sur la Toile, dépeignant des partisans du « oui » en débiles profonds, certains avouant face caméra qu’ils croyaient voter pour ou contre la participation de leur pays à l’Euro de football, d’autres pour ou contre le recours au référendum ! Mais cela bien entendu n’est ni de l’outrance, ni de l’exagération, ni de l’extrême droite. On ose à peine imaginer ce à quoi auraient eu droit les eurosceptiques s’ils avaient employé ne serait-ce que le dixième des méthodes iniques aujourd’hui déployés par les Européistes… Cela n’est d’ailleurs pas sans rappeler ce qui s’est passé en France en 2005, alors que le non à la constitution européenne l’avait emporté à plus de 55% après une campagne qui a passionné le pays et une participation record au vote, les Européistes ont passé les semaines qui ont suivi à disqualifier la valeur du résultat : le non que le peuple avait exprimé n’était pas à l’Europe mais à Jacques Chirac, à la situation économique du pays, au chômage, la complexité de la question avait empêché le bon peuple de s’exprimer sur le fond, etc. Tant et si bien qu’après s’être auto-convaincu de ses propres mensonges, le système médiatico-politique, massivement acquis à la construction communautaire, a chargé Sarkozy de faire passer par la fenêtre parlementaire une constitution européenne que le peuple français avait rejeté par la porte référendaire.
  • La quatrième réaction est sans conteste la plus idéologique. L’écrasante majorité des responsables politiques et médiatiques expriment l’idée que la réponse au Brexit doit être une relance et un approfondissement de la construction communautaire. En clair, ce que les peuples refusent doit être renforcé ! Refusant la moindre autocritique sur le projet européen, le système des partis et des médias, exception faite des partis eurosceptiques, s’enferment dans une sorte de gradation dogmatique qui n’est pas sans rappeler les plus belles heures soviétiques. Sous Brejnev par exemple, lorsque les résultats des plans quinquennaux n’étaient pas atteints, cela était considéré non comme la preuve de l’inefficacité structurelle de l’économie planifiée mais au contraire une preuve supplémentaire de la nécessité de son approfondissement ! Avec le Brexit on assiste toutefois à une escalade honteuse de cette logique. Médias et partisans du maintien dans l’UE font circuler des vidéos dans lesquels des partisans du « out » en pleurs confessent à la fois leur ignorance des enjeux et leur faute d’avoir fait « un si mauvais choix ». On se croirait revenu à l’époque des grands procès staliniens où les condamnés pour « capitalisme » et déviationnisme avaient droit à des procès publics au cours desquels ils battaient leur coupe et avouaient la larme à l’œil leur péché d’anticommunisme. Comme en URSS ces mea culpa publics sont destinés à maintenir intacte la foi européiste, montrant des sceptiques torturés par le remord ; comme au Moyen-âge, après leur condamnation par la Sainte Inquisition, les pêcheurs expiaient publiquement leur culpabilité pour dissuader les autres de les commettre…

Des conséquences économiques conjoncturelles uniquement

L’ensemble de ces réactions, qui relèvent tantôt de l’innocence tantôt du cynisme, alimente de fait les turbulences effectivement constatées dans l’économie, en particulier sur les marchés financiers. On annonce le déluge qui provoque de fortes pluies permettant de continuer à dire que le déluge ne saurait tarder... Rien que des prophéties autoréalisatrices. Les gros titres de la presse, les messages alarmistes des dirigeants européens, les discours apocalyptiques des économistes patentés contribuent effectivement à dégrader les performances financières. Il est certes vrai que le Brexit a eu un impact, au moins monétaire, quasi instantané : la livre sterling a chuté de 12% face au dollar dans le sillage de l’annonce du résultat du référendum, tombant de 1,50 dollars à 1,32 dollars dans la matinée du 24 juin 2016. Toutefois :

  • Cette dégringolade eut été beaucoup plus limitée si la propagande médiatique n’avait pas déchaîné des peurs irrationnelles ;
  • En quelques heures, la livre remontait à 1,37 dollars limitant la dégradation à 8,6%. Face à l’euro, le comportement de la monnaie britannique a été à peu près équivalent : 1,30 livres pour un euro le 23 juin au matin, 1,20 dans la nuit du 23 au 24 et redressement à près de 1,24 le 24 dans l’après-midi. Ce qui n’empêche pas certaines institutions bancaires de voir une livre aux alentour de 1,16 dollars d’ici fin 2016…

Que disent en réalité ces chiffres et comment les interpréter ?

L’économiste Rudinger Dornbusch a apporté de solides éléments de réponse à ces questions dans un article qui fait date, paru en 1976 sur la théorie des changes et intitulé Expectations and Exchange Rates Dynamics[3]. Il y expose notamment sa théorie de l'overshooting ou du surajustement, qui repose sur une idée simple mais essentielle. Les marchés financiers (sphère financière) et l'économie réelle (sphère économique) ne fonctionnent pas sur la même échelle de temps. Les actifs financiers réagissent à toute information nouvelle à la vitesse de la lumière (grâce à la dématérialisation totale des transactions) tandis que l'économie « réelle », c'est-à-dire les prix, les salaires, l'emploi..., se déplace à un rythme beaucoup plus lent, qui se mesure en semaines ou en mois. Il en résulte que les marchés financiers vont sur-réagir aux nouvelles qui leur parviennent, pour compenser en quelque sorte l'inertie de l'économie réelle. Exemple : si l'on apprend que l'économie américaine entre en récession, il en résulte que le dollar peut fort bien s'effondrer, puisqu'il est le seul prix à pouvoir rapidement corriger les déséquilibres courants[4]. C’est exactement ce qui vient de se passer avec la livre sterling. Mais ce que démontre également Dornbusch c’est que, passé l’effet d’annonce et l’affolement irrationnel qui s’en suit, les valeurs monétaires et financières évoluent tendanciellement vers leur point d’origine, c’est-à-dire vers le statu quo ante. Ce retour vers le point d’équilibre des prix est assez rapide dans la sphère financière, les opérateurs se rendant vite compte que la fin du monde annoncée n’a pas eu lieu. Tout porte donc à croire que la livre sterling qui a effectivement dévissé par rapport à l’euro ces derniers jours, se ressaisira très vite et les plus financiers les plus malins encaisseront de copieuses plus-values.

Il paraît, toutefois, pour le moins étrange pour ne pas dire malhonnête que médias, politiques et analystes qui depuis des mois nous expliquent que la dévaluation de l’euro face au dollar est une excellente nouvelle en ce qu’elle apporte une bouffée d’oxygène à l’économie française, viennent aujourd’hui nous présenter la dévaluation de la livre dans comme un cataclysme économique dévastateur. Car la science économique a depuis longtemps démontré qu’il existe des avantages non négligeables à la perte de valeur d’une monnaie par rapport aux autres. Une dépréciation monétaire renchérit tout d’abord le prix des importations, ce qui est censé à terme les décourager afin de favoriser la production nationale. Elle permet ensuite de baisser le prix des exportations libellés en monnaie étrangère ce qui entraîne une hausse de la demande de ces produits, enclenchant un mécanisme de croissance tirée par la demande étrangère. Mais les ayatollahs de la pensée unique ont pris l’habitude de tout nous présenter en fonction de leur lubie idéologique : quand l’euro s’apprécie, vive l’euro qui nous permet d’importer moins cher ! Et quand l’euro se déprécie, vive l’euro qui permet de rendre plus compétitives nos exportations ! L’inverse se produit aujourd’hui avec la livre parce que le Brexit n’a pas été prévu par le système : la livre chute ? Horreur, l’économie britannique va imploser, entraînant toute la zone euro dans son sillage ! Demain la livre s’appréciera à nouveau ? Damnation, l’économie britannique va souffrir d’un taux de change défavorable qui va plomber sa compétitivité interne et désindustrialiser le pays ! Pour ceux qui croyaient que l’économie était devenue une science, voilà un exemple parmi une pléthore, qui montre à quel point l’économie est politique et uniquement politique. L’économiste Ronald Coase prix Nobel d’économie (1994) résumait magistralement ce constat : « Derrière la modélisation c’est une opinion », écrivait-il.

Quoi qu’il en soit, si, pour des raisons encore inconnues à ce stade, l’économie britannique tarde à s’ajuster après les récentes turbulences, il n’y aura pas non plus de désastre irréversible. Le pays dispose en effet d’outils de souveraineté intacts permettant de juguler la situation, à commencer par la monnaie et le budget. D’ailleurs, la Bank of England (BOE) a immédiatement réagi au résultat du vote, indiquant qu’elle était prête à injecter près de 250 Mds EUR afin de défendre la Livre sterling contre d’éventuelles attaques spéculatives. En France, cette annonce a fait l’objet de peu de commentaires de la part des « économistes » de l’UMP ou du PS. Et pour cause, c’est ce que Maël de Calan appelait « traficotage de la monnaie » dans son pamphlet consacré à la critique du programme du FN. Globalement, l’attitude de la banque centrale britannique a été passée sous le boisseau car elle vient contredire l’un des pans de la doxa actuelle qui s’évertue depuis des années à démontrer que la souveraineté monétaire ne sert plus à rien et que les effets des politiques monétaires nationales sur le cours des monnaies et l’activité économique sont nuls. Avec ce plan de 250 Mds que la BOE est prête à consacrer pour défendre sa monnaie, c’est une lézarde de taille dans le mur porteur idéologique de l’euro. Accessoirement, il montre ce que beaucoup savaient déjà mais qu’il n’est pas inutile de rappeler : il est plus facile de sortir de l’UE avec sa souveraineté monétaire que sans[5].

Le Brexit permet au Royaume-Uni d’accélérer la poursuite de son intérêt national

Il est d’ailleurs fort probable que la BOE n’ait pas à se servir de ce « bazooka monétaire » en raison du fait que la plupart des conséquences identifiées par les politiques et les médias, français notamment, relèvent soit de l’erreur soit du fantasme. La première de ses erreurs consiste à penser que le Brexit entraînera une fuite bancaire sous forme de fuite des capitaux et de départs des sièges des grandes banques. Il s’agit ici d’une grossière mystification et au moins pour deux raisons : la première est que la Grande-Bretagne n’est pas et n’a jamais été dans la zone euro. Ce qui n’a pas empêché les institutions bancaires et financières d’y élire domicile. Aujourd’hui le Brexit n’affecte aucune des raisons qui ont conduit ces institutions à s’installer dans la City. Pourquoi dès lors en partiraient-elles ? Il n’y aura pas davantage de fuite des capitaux pour exactement la même raison.

En fait, tout au long de ses 43 années d’appartenance à l’Union européenne, la Grande-Bretagne n’a, à aucun moment et sur aucun sujet, perdu de vue son intérêt national strict. Ce pays a systématiquement refusé tout abandon de souveraineté ; il a en permanence tenté de bloquer les velléités de construction d’une soi-disant Europe politique ; et quand il n’y est pas parvenu parce qu’il se retrouvait en minorité, il a su multiplier les exceptions et les « opting out », maintenant intact son intérêt national. C’est ainsi qu’il faut interpréter le soulagement des castes européistes de l’UE qui se sont félicitées du Brexit parce que le départ de la Grande-Bretagne et de son indécrottable nationalisme allait désormais permettre d’accélérer le hold up généralisé des autres nations au profit d’un super-Etat européen. Pour nombre d’eurolâtres, la Grande-Bretagne fut le pitbull accroché à la cheville de l’Europe et refusant de lâcher la moindre concession dès lors que celle-ci était contraire à son intérêt. Le « chèque britannique » obtenu par Margaret Thatcher au milieu des années 80 n’est que l’illustration la plus emblématique mais certainement pas la seule, de ce constat. L’anglais s’est imposé comme la langue quasi unique des instances de l’UE, ce qui a grandement favorisé la vision britannique des choses à Bruxelles, d’autant qu’une majorité de représentants français, les plus légitimes pourtant à réclamer que le Français soit maintenu comme langue de travail, ont été les premiers à militer pour … une imposition de l’anglais pour des raisons de facilité…

Mais l’un des domaines où les Britanniques ont excellé dans la sauvegarde de leur intérêt au détriment de l’Europe et singulièrement de la France, est le domaine migratoire. Non seulement ils n’ont jamais accepté de rentrer dans l’espace Schengen, mais ils ont fait signer à un gouvernement français de rencontre (celui de Sarkozy pour ne pas le citer) les accords du Touquet de 2003. Médias et politiques nous annoncent depuis le Brexit que celui-ci ne changera rien à la situation des migrants de Calais et que celle-ci est régie par des accords bilatéraux qui n’ont rien à voir avec l’UE, oubliant allègrement de dire au passage que ces accords sont encore plus dangereux pour la France que ceux de Schengen. Au Touquet, il n’a été ni plus ni moins décidé que la frontière britannique se déplaçait en France ! Les millions de migrants candidats à l’asile au Royaume-Uni étaient maintenus sur le territoire français, en théorie temporairement, le temps que leurs situations respectives soient examinées. Mais comme pour le reste des dispositifs migratoires, ils ont été submergés par le nombre et le temporaire des débuts a aujourd’hui toutes les caractéristiques du définitif, donnant raison à Lénine : « à partir d’un certain nombre, la quantité devient qualité ». Les responsables français comprirent, mais un peu tard, combien ils s’étaient faits rouler dans la farine par les Anglais dans cette affaire. Brexit et proximité de l’élection présidentielle obligent, l’UMP pour ne pas la citer, manifeste aujourd’hui son souhait de dénoncer l’accord. Qui peut croire que cette volte-face est autre chose que de la simple politicaillerie ? La gauche quant à elle est terrorisée à l’idée que l’on puisse porter un coup à son dogme immigrationniste et exige qu’on ne touche à ces accords sous aucun prétexte…

La question migratoire est ainsi la plus révélatrice de l’attachement du Royaume-Uni à ses intérêts. Les responsables français ont cru signer avec un pays ami, oubliant ce principe gaullien selon lequel « les nations n’ont pas d’amis, elles n’ont que des intérêts ». Rien que cela permet de dire que le Brexit ne changera rien. Qui, par ailleurs, peut sérieusement penser un seul instant qu’un grand pays comme le Royaume-Uni va être écarté du continent européen après le Brexit ? La nature ayant horreur du vide, le cadre qu’offrait l’UE pour un certain nombre de domaines (économique, commercial, universitaire, etc.) sera rapidement remplacé par d’autres, tant et si bien que le citoyen de base n’y verra que du feu. Pourquoi la Grande-Bretagne sera traitée différemment que la Suisse, la Norvège ou même le Canada ? En revanche, l’incommensurable effort que déployait quotidiennement le Royaume-Uni pour préserver ces intérêts dans un système européen à la dérive, va pouvoir être consacré, désormais, à une poursuite plus massive desdits intérêts. De même d’ailleurs que l’argent que consacrait le pays à l’UE (près de 10 Mds EUR par an) et qui va désormais servir à sa défense, à sa santé, à son éducation, etc.

Au final la seule question qui mérite d’être posée est la suivante : comment se fait-il, avec le peu d’Europe qu’il avait souscrit et en ayant su maintenir son intérêt dans tous les domaines, que le peuple britannique ait tout de même décidé de sortir de l’UE ? Une telle démarche ne doit-elle pas au moins mettre la puce à l’oreille des plus europhiles ? La geste britannique n’est-elle pas la plus belle invitation pour des peuples autrement plus prisonniers que les Anglais (par Schengen, par l’euro, et par bien d’autres chaînes), à réfléchir aux avantages de recouvrer leurs pleines souverainetés ?

[1] C’est par cette expression drolatique que le général de Gaulle qualifiait l’Europe supranationale appelée de leurs vœux par les Européistes de son époque.

[2] La capitale britannique a en effet voté à 60% pour le maintien du pays au sein de l’UE. Cela étant, on est très loin du raz-de-marée annoncé quand on sait que Londres est une ville très majoritairement cosmopolite. Plusieurs sondages y annonçaient un « non » au Brexit à 85%...

[3] Anticipations et Dynamique des Taux d’Intérêt.

[4] D'un trait, l'article détruisait la confiance en la stabilité des changes flexibles dont Milton Friedman s'était fait le prophète

[5] Là réside peut-être la seule excuse de Tsipras, effectivement confronté à une complexité plus forte parce que la Grèce appartient à la zone euro ce qui n’est pas le cas de Grande-Bretagne. Cela étant, le peuple grec connaissait également cette réalité avant de s’exprimer, ce qui fait que celle-ci ne saurait a posteriori justifier le reniement du résultat…

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epine 29/06/2016 10:35

merci pour votre intelligence !

Pertuis Bleu Marine 27/06/2016 14:40

Rien à redire sur votre juste analyse. J'avais retenus le terme d'Europathes pour illustrer les fanatiques de bruxelles, mais l’appellation d'Euromaniaques de tleclerc ma plaît aussi ;-)

tleclerc 27/06/2016 12:49

Très belle analyse de la situation, formalisant avec brio celle que j'avais faite moi-même. Un seul petit reproche : je vous trouve bien indulgent envers ces gens qui nous nomment de façon méprisante voire insultante : "eurosceptiques".
Il aurait été bienvenu de leur rendre la monnaie de leur pièce en remplaçant "européiste" par "euromaniaque", car vu leurs comportements irrationnels, on peut considérer que leurs réactions relèvent de la psychiatrie.

Jean MESSIHA 27/06/2016 12:56

Merci beaucoup pour votre message. Sur les Européistes, vous avez raison sur le fond même si je les ai qualifiés également d'eurolatres...